Je rentre à peine de Paris
Mon corps est courbaturé, mes muscles me lancent et mes membres entiers aspirent au repors
Qu'ai-je fait pour être si endolorie ? Et bien je suis allée voir un ami chez lui, et il m'a fallu faire des allers-retours, passer des heures dans les transports en commun après être allée en cours, tout ça en portant un sac au poids qui fait grimacer ma colonne vertébrale.J'étais avec mes amis hier, et nous sommes partis en boîte.
Ce n'est pas exceptionnel. C'est même très banal. Et j'étais fourbue et fatiguée quand nous sommes partis.Certaines personnes ne comprendraient pas pourquoi j'adore tant aller en boîte de nuit. C'est bruyant, on y est serré, on a vite chaud et soif.
Et pourtant je ne regretterais pas, oh non, je ne regretterais pas. Parce que j'allais danser. J'allais faire la fête.
J'adore ressentir ce brin d'excitation, qui me dit que tout est possible, que tout peut arriver. La nuit tombe vite, et ce sentiment étrange, diffus, se répand dans tout mon corps. Il me rend nerveuse, il me rend survoltée. Il est inexplicable et électrisant.
Il n'y a plus à réfléchir. Des centaines d'individus, qui viennent de nulle part, des anonymes, se glissent dans la nuit et se mettent à danser sur le même rythme.
Et la musique se fond en moi. Elle annihile toute pensée, et m'emplit, m'envahit toute entière. Je ne maîtrise plus rien, je perds le contrôle. Mon corps bouge de lui-même, se lâche complètement. Les tabous tombent, il est libre, je suis libre ! Oh ce sentiment !
Les yeux fermés, l'air totalement niais, un sourire béat au visage, je me mets à danser, danser, danser ! Et tous autour fond de même ! Ah cette sensation, de nous voir toutes nous libérer des tabous, être libres de se déhancher, de se lâcher sur la piste de danse, d'être la reine du dancefloor!
Et quand la chanson qui te plaît arrive, tu te mets à crier, parce que tu ne peux que crier, parce que c'est ta chanson préférée. Et je crie alors les paroles à tue-tête, ne me souciant pas de chanter juste, mais juste de chanter, de crier avec les autres jusqu'à m'en casser la voix !
C'est vraiment difficile de mettre des mots sur cette sensation, ces mots qui expriment l'état de joie intense qui m'envahit quand je suis sur la piste de danse !
Cette joie, cette énergie, cette adrénaline ! C'est comme si je prenais une grande bouffée de vie à chaque pas, qu'à chaque mouvement de bassin, je m'approchais de cette joie explosive, incontrôlable.
Et cet abandon. Cet abandon tellement libérateur, qui me fait renverser la tête en arrière et fermant les yeux.
Cette envie, si clichée, de ne pas voir le soleil se lever, de ne pas rentrer, comme si la nuit pouvait s'étendre encore un peu, que je puisse danser encore un peu.
Que les courbatures qui me tueront le lendemain soient justifiées.

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